Mardi 3 juin 2 03 /06 /Juin 00:41

Quand mes soeurs et frères étions tous dans notre "jeunesse" et que le temps était " au beau"  (eh oui, même dans le nord le temps peut être "au beau"), nos parents nous emmenaient les dimanches en promenade. A cette époque, pas encore de grandes cités, ni de lotissements, ni de bétonnage acharné de notre ville. Donc nous arpentions d'un pas nonchalant la "campagne" environnante, et elle était vaste et belle cette campagne, avec ses petits bois, ses chemins, ses fermes. En fin d'après-midi, notre "grand tour" terminé, nous arrivions "fourbus mais contents", comme Yves Montand à bicyclette, à un estaminet, un café dirait-on maintenant, où l'on pouvait se rafraichir, se reposer et surtout admirer les magnifiques coqs de combat aux couleurs resplendissantes ainsi que les grandes volières remplies de "coulons" (pigeons voyageurs).

Les coqs étaient dans de grandes cages, ils sont très agressifs, c'est dans leur nature, un jour Monsieur Beckaert le patron mit un miroir devant la cage, le coq, croyant a un intrus a bondi sur le miroir, un seul mâle dans la cage, comme un seul coq au poulailler.

cogghe-coqs-roubx2.jpg

Les combats de coqs étaient d'une violence extrème, notre mère nous interdisait de regarder ça, mais en ce temps là, la vue de la violence animale n'avait pas le même impact que de nos jours. J'avoue qu'aujourd'hui, je n'irai jamais revoir de genre de combats.

Les coqs ont une tendance naturelle a se battre entr'eux et les combats aussi anciens que la domestication du coq sauvage " gallus gallus" ! ils furent domestiqués en Asie pour leurs qualités belliqueuses, la pratique a vite envahie l'Europe grace aux grecs, romains et autres phéniciens.

Les combats se passent sur des aires dites " gallodrome". La pratique est désormais interdite. En France, elle est autorisée dans les localités où la tradition est ininterrompue depuis ses origines, il reste donc une vingtaine de gallodromes dans le Nord-Pas de Calais, ainsi qu'en Gouadeloupe, à la Réunion et a Cuba.

Faire se battre les coqs était aussi dans les temps plus anciens une manière de régler ses comptes avec autrui, sans risquer d'estropier un membre de la communauté.

dscn3752_redimensionner-3b6fa68.jpg

Pour activer un combat dit "de vitesse", on attachait un ergot artificiel à la patte de l'animal, sorte de pointe ou de lame d'environ 4 a 5 centimètres, je pense que ma soeur en avait récupéré un lors du décès de notre père, notre mère ne voulant pas garder cela chez elle. Un coq mort était vendu pour faire du "coq au vin", la chair très ferme étant longuement macerée dans le vin. Nous n'avons plus jamais mangé de coq au vin.

 

Dieu merci, il existe aussi dans cette région du nord et dans toute la France un autre genre de sport " la Colombophilie" et ses adeptes, les colombophiles, plus communément appelés " les coulonneux" !

couloneux-2.jpg

Ils élèvent avec amour des pigeons voyageurs pour les faire concourir. Ils sont bagués 8 a 10 jours après leur naissance.

A chaque concours, on commence par enloger les pigeons, c'est a dire les mettre dans des paniers spéciaux, on les enregistre, puis ils sont transportés dans des paniers plombés avec leur numéro - " attention, c'est sérieux comme concours"- et dans un camion expédiés vers le lieu du lacher. On enregistre les numéros et hop, on les délivre, gagne le premier qui revient le plus vite a son colombier.Les tricheurs sont sévèrement punis.

constateur01-copie-1.jpg

Il existe une fédération colombophilie qui a son siège a Bruxelles.

Beaucoup de "pépés" que je connaisais avaient des pigeons de concours " des coulons", ils tenaient leurs réunions dans les cafés de leurs quartiers.

Le-coulonneux266592615.jpg

Dans ma ville natale il y a même une rue " des coulons".

Ce n'est pas plus ni moins bête que de jouer au foot ! 

Mis a part ces concours, qui sont un loisir, les pigeons voyageurs eurent leurs heures de gloire pendant la Grande Guerre. Un monument a été élevé a Charleroi en honneur du "pigeon soldat", il y en a un aussi a Lille devant le jardin zoologique.

Charleroi-Au_pigeon_soldat.jpg

Le pigeon soldat, valeureuse petite bête qui par son intelligence, son sens inné de l'orientation et certainement, pourquoi pas, son sens du devoir, a sauvé beaucoup de vie.

 

Bundesarchiv_Bild_183-R01996-_Brieftaube_mit_Fotokamera.jpg

Si un jour on vous traite de "pigeon" prenez le comme un compliment.

 

selma cayol

 

 

Par Du vieux Cayol à la Pelisse noire... - Publié dans : challenge A - Z 2014 - Communauté : généalogistes en tous genres
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Lundi 2 juin 1 02 /06 /Juin 00:00

Mardi 28 février 1792, c'est encore l'hiver, froid et ensoleillé, comme les hivers marseillais. Françoise sort de chez elle, son panier n'est rempli que de feuillages et de quelques légumes, la saison n'est pas aux jolies fleurs et encore moins en ces temps troublés, où certains considèrent que de vendre des fleurs est une insulte a l'esprit du peuple, à l'esprit révolutionnaire.

bouquetiere

 Le coeur n'y est plus. Tous ces changements ne sont pas très bons pour le petit commerce de rue. Plus de jolis bouquets pour les dames et les demoiselles, disparue la galanterie des beaux messieurs du Cours.

Il n'y a que grossièretés, violences et ces femmes qui courrent dans les rues insultant les passants, le couteau à la ceinture, le sabre à la main. Françoise ne comprend pas, tout cela lui fait peur, elle pense qu'on peut se révolter, mais pas en massacrant ceux qui étaient encore hier des voisines, des amies.

Où est l'insouciance de notre belle ville, les promenades sur le port, dans les jardins des Bastides, plus rien, que de la désolation.

Qu'allons-nous devenir ? Cette révolution que va-t-elle changer dans notre vie de tous les jours ? La Liberté qu'ils disent, mais ici à Marseille, nous sommes libres, depuis toujours... Et Toussaint mon époux, il sera toujours marin, ni plus, ni moins. Mon dieu comme tout cela est triste...

Marchant vers le centre de la ville, elle aperçut un attroupement d'hommes et de femmes qui fêtaient bruyamment la victoire sanglante des troupes révolutionnaires contre les gardes-suisses d'Aix. Ces troupes s'étaient comportées comme des brigands, ce dont elle fit la remarque aux badauds les plus proches.

Immédiatement les insultes fusent, comment ose-t-elle critiquer la victoire de nos valeureux patriotes !

Aussitôt surgissent du groupe deux femmes enragées, ivres de fureur, la rage au coeur et les yeux en feu, qui lui reprochaient de traiter de brigands sanguinaires leurs vénérés soldats !

cavale.JPG

A mort, a mort, pendons la... lui arrachant son panier, elles l'attrapent par son tablier, lui arrachent sa belle coiffe si patiemment brodée, l'une d'elles Thérèse Caval dite " la cavale", toujours le sabre à la main, et menant en maîtresse des farandoles de joie après chaque tuerie, matrônne imposante aux allures d'ogresse, elle lui saisi les cheveux et la traîne vers un arbre aux branches propices au supplice, son amie Elisabeth Taneron dite "la fassy" lui prete main forte, la troupe se renforce, les cris "A mort" de la foule enragée met en alerte les officiers municipaux qui sortent de la Mairie pour tenter de délivrer la pauvre Françoise, ils sont impuissants et la malheureuse bouquetière en sang et les vêtements en lambeaux est saisie violemment, on lui passe une corde au cou, mais la branche casse, elle se sauve, tente de sauver sa vie en allant se réfugier dans les latrines de l'Hotel de ville, peine perdue, les cris, la vue et l'odeur du sang décuplent la folie ambiante, la cavale et quelques acolytes sans aucun scrupule arrivent enfin a se saisir de la pauvre fille et avec une brutalité inouie la pendent a une branche bien solide, en la tirant par les pieds afin de s'assurer qu'elle soit bien morte.On la laissera tout le jour, puis son corps fut jeté sur le pavé.

766e7827c3913ba3e9de1c9e39eea57d.jpg

Ainsi se termine la vie de Françoise Cayol dite " la Cayole" , victime de la folie populaire et aussi un peu de ...la légèreté de ses propos.

 

Attention des oreilles ennemies vous écoutent , et vous en coûtent.

Après la chute de Robespierre, le 9 Thermidor an II, les deux tortionnaires sont incarcérées a Aix-en-Provence. Le 11 mai 1795 elles y seront affreusement massacrées avec 26 autres détenues par des "sabreurs marseillais" au service des forces royalistes.

La vengeance fut terrible.

 

selma cayol

Par Du vieux Cayol à la Pelisse noire... - Publié dans : challenge A - Z 2014 - Communauté : généalogistes en tous genres
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires
Jeudi 29 mai 4 29 /05 /Mai 14:47

Auguste Macaire SORGE et Marie-Thérèse ARDIES tous deux nés a Lille de parents qui venant de GAND en Belgique avaient choisi la France pour y fonder leurs familles, étaient voisins, habitant dans la même rue d'Austerlitz et dans la même courée "la cour Constant" , ils se connaissaient bien, ils se fréquentèrent et le 1er décembre 1894, vint au monde un petit Gaston Louis qu'ils légitimèrent lors de leur mariage le 18 septembre 1897. Il est alors "rattacheur" et elle "bambrocheuse" sans doute dans la même usine textile.

Le 31 mars 1899, Suzanne Eugénie (ma grand mère paternelle) montre le bout de son petit nez. Hélas, la pauvre petite ne connaitra pas sa maman, ou si peu, car prise d'un "chaud et froid"(pneumonie) comme on disait à l'époque, dans ces maisons mal chauffées, décèdera le 12 décembre 1901, elle n'avait que 27 ans, et Suzanne 2 ans et 9 mois.

marie-therese-ardies1-copie-1.jpg

Leur père ne tardera pas a se remarier, il faut une femme pour s'occuper des enfants, il épouse donc une gentille jeune femme Maria de RAEDT qui effectivement s'occupera bien d'elle, car elle s'en souvenait, bien qu' étant petite.

maria_de_raedt_et_suzanne_1902.jpg 

En 1903, Maria donne naissance a Robert, un enfant chétif qui mourra dans son jeune age, vite suivi par sa mère.

Gaston a 12 ans et suzanne 7ans environ, ils sont confiés a leurs grands parents André et Mathilde ARDIES.

Plus jamais on n'entendra parler de Auguste Macaire. Mathilde préfèrera dire aux enfants que leur père est mort. C'est d'ailleurs ce que déclarera Gaston lors de son recrutement en 1914. Les enfants sont bien élevés, et Suzanne ira même à l'école jusquà ses 18 ans et apprendra l'anglais.

La guerre éclate et Gaston doit partir, grand déchirement pur ces deux enfants très fusionnels, la mort prendra Gaston en septembre 1918, disparu a jamais sur le front, on ne retrouvera jamais son corps. Suzanne le chérira a jamais.

sorge_gaston_louis_6.jpg

   mplf-gaston-sorge-1918.JPG             

En 1959, alors que mon grand père vient de mourir, elle a besoin de "papiers administratifs" pour sa retraite, ne sachant pas où son père est décédé, on lui conseille de demander l'acte de naissance de celui-ci, où elle pourra lire son éventuelle date de décès. Sur cet acte de naissance il est effectivement mentionné qu'il est décédé en 1952 à Charleroi en belgique ! Il n'était donc pas mort comme l'avait dit sa grand mère. Il avait donc refait sa vie en Belgique.

naissance-1871-auguste-m-sorge-copie-1.JPG

L'acte de décès arrive, mais comme a cette époque sous la forme d'un formulaire manuscrit sans aucune mentions marginales, seulement le necessaire. L'affaire est classée.

En 1980, ma grand mère est décédée depuis 8 ans et ma tante décide de ranger ses papiers, puisqu'elle aussi est a la retraite, et retrouve l'acte de naissance en question , la curiosité aidant et sachant que je fais des recherches sur la famille, elle me donne l'acte et je m'empresse de demander l'acte de décès dans son intégralité et là ! grande surprise... l'acte de décès avait pour déclarant " Albert SORGE, 34 ans fils du décédé"... stupeur dans la famille, un frère, un oncle, un grand oncle dont nous n'avions jamais entendu parler nous arrivait comme ça sans s'annoncer.

dc-auguste-m-sorge-1952.JPG

Après d'autres recherches auprès du consulat de Belgique, il s'est avéré qu'Auguste avait la connaissance d'une veuve en belgique Rose Eugénie Marie Cécile GIOGANTI veuve de Jean Baptiste Gillain MILAIRE + le 10 juin 1914.

Albert Georges SORGE né à Charleroi le 2 aout 1917, était son fils naturel reconnu.

Ma grand mère qui toute sa vie a pleuré son frère adoré, son unique frère, avait un autre frère Albert, dont elle ignora l'existence et dont la connaissance j'en suis certaine aurait comblé ce manque affectif fraternel qui lui pesait tant.

D'autres recherches plus tard nous apprirent que Albert était mouleur habitait à Courcelles  et que le 13 janvier 1938, il avait opté pour la nationalité belge.

Nous n'avons jamais réussi a retrouver Albert, ni même savoir s'il avait une famille, des enfants.

 

Ce qui nous apprend que les "mentions marginales" ont une grande importance, et que si elles n'étaient pas oubliées par un employé pas très zélé, elles auraient pu changer l'existence de bien des gens.

Mais c'est la vie...

 

selma cayol 

Par Du vieux Cayol à la Pelisse noire... - Publié dans : challenge A - Z 2014 - Communauté : généalogistes en tous genres
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Mardi 27 mai 2 27 /05 /Mai 20:19

Est-il pensable qu'à Nègrepelisse, paisible village du Qercy on puisse voter pour le parti d'extrème droite vulgairement appelé " FN" ou "Bleu Marine" ?

Oh ! mais non, pas de cela chez nous, nous nous sommes querellés pendant des siècles entre catholiques et protestants, nous avons fait la Paix, nous ne voulons plus que l'entente cordiale entre tous.

 

Ah oui, laissez moi sourire, car très démocratiquement et dans le secret(sic) des isoloirs, les braves villageois ont voté pour le retour de l'Hydre !

 

La preuve :

 

vote-negrepelisse-europe.JPG

 

 

Plus rien ne doit nous étonner ! Advienne que pourra.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Du vieux Cayol à la Pelisse noire... - Publié dans : Chroniques de la pelisse noire.
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 19 avril 6 19 /04 /Avr 18:57

Origine

La naissance de la commune en tant que telle remonte au XIe siècle. Puis au XIIe, le maire fait son apparition. En effet, dès lors que la commune était reconnue juridiquement et politiquement, il lui restait à se doter de représentant. Selon l'époque et les lieux, on parlera de pairs, d'échevins ou de conseillers.

Le mot maire trouve son origine dans le polyptyque d' Irminon, ouvrage de droit d'un abbé de Saint-Germain-des-Près au IXe siècle. Il emploie le mot maior quand il parle du représentant du domaine : c'est celui qui administre le village pour le compte du seigneur.

 

Ancien régime

Mise a mal par l'effondrement des économies et des structures rurales causé par la guerre de Cent ans, l'institution se développe après celle ci pour répondre au besoin d'administrer de nouveau les campagnes pour le compte de propriétaire non résidents. A la fin du XVe siècle, les maires achètent leur charge pour deux ans. Souvent, celle-ci revient par intermittence aux mêmes plus importants censitaires. L'institution décline avec le développement et la spécialisation des compétences de l'administration royale, la prévôté ( juge, prévôt, lieutenant, procureur fiscal, greffier, huissier), ce avant même le début des guerres de religion.

 

Par l'édit royal de 1692, les fonctions de magistrats élus sont supprimées et, dans la plupart des villes sont créés un office de maire et des offices d'assesseurs en remplacement des syndics choisis par les assemblées d'habitants. La vente des nouveaux offices permet de renflouer les caisses de l'Etat. Des édits de 1764 et 1765 tentent de briser ce système arbitraire en proposant un maire choisi par le roi sur proposition de trois candidats. L'administration municipale reste sous le contrôle de l'intendant général jusqu'à la Révolution.

A suivre...

 

Selma Cayol

(inspiré de Wikipédia).


 

Par Du vieux Cayol à la Pelisse noire... - Publié dans : Chroniques de la pelisse noire. - Communauté : Généalogie Provence-Languedoc
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Présentation

Profil

  • Du vieux Cayol à la Pelisse noire...
  • De la terre vers la mer...

Derniers Commentaires

Créer un Blog

Calendrier

Septembre 2014
L M M J V S D
1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
29 30          
<< < > >>

Recherche

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés