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5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 19:47

Autres temps, autres moeurs, mais la police, elle ne change pas...Comme disait Coluche, la police est partout la même, il n'y a que l'uniforme qui change !

 

Texte ci-dessous dans son intégralité, copié aux archives municipales de Marseille.

 

 

Lettre du Préfet Monsieur de Villeneuve au Maire de Marseille en date du 5 mai 1823.

Monsieur,

De toute part des plaintes s’élèvent contre les agents de la police locale ; on les accuse hautement de négliger les devoirs qui leur sont imposés, et souvent même on va jusqu’à suspecter leur moralité ; Il n’y a à cet égard qu’une opinion qui le manifeste tous les jours plus fortement et le public qui se plaint presque toujours du présent se reporte souvent avec complaisance sur le passé, quoiqu’il ait été également l’objet de la censure. Aussi se plait-il aujourd’hui à comparer l’action de la police d’autrefois avec celle du temps actuel et d’après lui cette comparaison n’a rien de favorable à cette dernière.

Sans doute dans d’autres circonstances la police a été plus forte et plus énergique ; mais il faut convenir aussi qu’elle avait des moyens qu’elle ne peut employer aujourd’hui. Cependant, ceux qui lui restent ne sauraient être insuffisant pour le maintien de l’ordre et de la tranquillité publique, si les agents qu’elle emploie remplissent leurs devoirs.

En considérant ce qui se passe tous les jours sous mes yeux, on ne peut disconvenir qu’une grande partie des plaintes qui s’élèvent ne soient fondées.

En effet, depuis longtemps, le spectacle est presque journellement troublé par l’inconduite de quelques habitants, que font les agents de police pour y rétablir l’ordre ou du moins pour constater le délit et mettre les tribunaux a portée d’en punir les auteurs ? Rien : ils sont absents dans les moments du trouble, ou ils se cachent. Le jour du spectacle gratis, le peuple se porta en foule au spectacle, des désordres y eurent lieu ; des malfaiteurs y commirent même des dégâts. Les agents de la police qui, par leur nombre auraient pu occuper tous les points de la salle, ne se montrèrent point et laissèrent impunément troubler le spectacle.

La police du théâtre est exclusivement dans les attributions de l’administration municipale ; elle répond donc elle seule de sa tranquillité, et cependant malgré qu’elle ait une foule d’agents qui y entrent à volonté, le trouble y règne presque continuellement.

Les abus les plus déplorables ont lieu dans la plupart des cafés et ils naissent du jeu de « l’écarté », que font les agents de la police pour les faire cesser ? Rien.

Les plantations du boulevard sont journellement dévastés  par des enfants ; les arbres mutilés par eux périssent successivement et pour peu que cela continue, ces belles promenades qui sont le principal ornement de la ville, n’existeront plus. Que font les agents de la police pour prévenir ce déplorable résultat ? Rien encore ; et ici leur négligence est d’autant plus coupable que souvent la vie des citoyens est exposée par les pierres qui sont lancées contre les arbres.

Des contraventions, des délits compromettant quelquefois l’ordre qui règne dans certains quartiers de la Ville. Que font les agents de la police pour les constater ? Rien encore, car ils sont toujours éloignés des lieux où leur présence serait nécessaire.

Le jour de la fête du Saint Os…, un honnête citoyen trouva un placard horrible, affiché dans une rue de Marseille ; il chercha des agents de police pour les avertir parce qu’il craignait qu’il en existât dans d’autres quartiers ; mais il lui fut impossible d’en trouver, et finit par me remettre directement le placard qu’il avait arraché.

Un tel état de choses ne saurait exister plus longtemps, sans que l’ordre public n’en fût a la fin gravement compromis, et c’est pour y mettre un terme et donner a un service important cette activité et cette considération qui lui est si nécessaire que j’ai cru de mon devoir d’examiner , de concert avec vous les causes de l’insuffisance actuelle de la police locale et quels seraient les moyens qu’il conviendraient d’employer dans une telle circonstance.

Pour que je puisse m’occuper d’un objet aussi essentiel, je vous invite, Monsieur, à m’envoyer le plus tôt possible la liste nominative de tous les agents de la police contenant l’indication de leur âge, de leurs services, de leur aptitude, capacité et moralité.

Je vous renouvelle Monsieur, l’assurance de mes sentiments distingués,

Le maitre des requêtes, préfet.

 

De Villeneuve

Ps : les observations que je viens de vous faire s’appliquent également aux gardes-champêtres qui ne se montrent pas plus exacts à remplir leur devoir, veuillez bien m’en envoyer la liste avec les mêmes annotations.

 

Selma Cayol

 

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Published by le vieux Cayol... - dans Alphabet genealogique
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commentaires

selma 06/04/2013 11:48

eh oui Odile, comme quoi depuis 200 ans rien n'a vraiment changé !!
selma

odile 05/04/2013 23:43

On dirait les récriminations de mon voisin !!

paparazza 05/04/2013 20:11

L'article aurait pu être écrit aujourd'hui !

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