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27 avril 2013 6 27 /04 /avril /2013 13:11

Lorsque j'étais gamine, les usines faisaient partie de notre environnement, il y en avait partout. Plusieurs fois par jour, a heures fixes les "sirènes" appelaient ouvriers et employés au travail.

Le quartier, comme beaucoup d'autres, vivait au rythme des usines, je sais il y régnait une sorte de paternalisme, mais a cette époque, les patrons logaient leurs ouvriers très décemment (mes grands parents avait une maison qui dépendait de l'usine et qu'ensuite ils ont acheté pour une somme très raisonnable), mais il y avait beaucoup de travail, et pas encore de multinationale ni d'actionnaires voraces indifférents au sort des ouvriers.

A 4 heures du matin, des cars entiers amenaient  les travailleurs venant du Pas-de-Calais et de Belgique.

usine-tiberghien.jpg

                                            Les usines P & J Tiberghien.

Elles tournaient 24 heures sur 24. Elles produisaient les plus beaux fils pour le tissage des draperies, des fils a tricoter connus dans le monde entier , des bas 'nylon" dont les riches clientes de chez Christian Dior ignoraient même qu'ils avaient été fait à Tourcoing, dans les vastes ateliers de Jules de Surmont !

 

Puis un jour, la Chine et autres pays des rivages méditerranéens nous ont fait concurrence avec des textiles bon marché et une main d'oeuvre sous-payée, et une a une les usines ont été fermées, détruites laissant les quartiers en "terrain vague", plus de sirènes, "elles se sont tues" comme disait Maxence Van der Merssch, émouvant et réaliste écrivain du Nord.

 

 http://www.maxencevandermeersch.fr/

  

100_2162.JPG

                                                            Destruction de l'usine Masurel

Les cheminées ne fumaient plus et furent abattues, la dernière est tombée dans un grand cri de douleur.

 

la-fin-d-une-epoque.jpg

                                                          Destruction de l'usine Tiberghien et "abattage" de la dernière cheminée.

Telle est la rançon d'un soi-disant grand marché international qui ne fait que détruire et appauvrir les gens.

 

 

selma cayol

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Published by le vieux Cayol... - dans Alphabet genealogique
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commentaires

selma 13/05/2013 14:17

oui c'était très dur, mon grand-père était teinturier a l'usine Paul et Jean Tiberghien rue de paris à Tourcoing, il travaillait dans des caves qui sentaient le chlore, en sabot toute la journée a
piétiner dans l'eau ...après avoir fait 4 ans de tranchées en 14/18 la reprise ne fut pas vraiment facile et le sentiment de liberté bien loin...
selma cayol

venarbol 13/05/2013 12:40

J'étais à l'imaginarium de Tourcoing voilà quelques semaines, un site dédié à l'image aménagé dans des anciens locaux d'usine réhabilités. Le résultat est réussi, la conférence était intéressante,
mais je ne pouvais m'empêcher de penser que nous étions occupés à brasser de l'air sur un site où des femmes et des hommes gagnaient autrefois leur vie, durement mais dignement, en produisant autre
chose que du vent.

odile 03/05/2013 11:36

Dans le Nord comme dans la région de Troyes (c'était aussi mon thème pour le U !) la vie était la même, et malheureusement le sort des usines a été le même... Merci pour ce bel article.

LaFrog 30/04/2013 23:30

Bien dit ! Et c' est notre enfance qui a ete " effacee " de la carte !

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