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29 mai 2014 4 29 /05 /mai /2014 14:47

Auguste Macaire SORGE et Marie-Thérèse ARDIES tous deux nés a Lille de parents qui venant de GAND en Belgique avaient choisi la France pour y fonder leurs familles, étaient voisins, habitant dans la même rue d'Austerlitz et dans la même courée "la cour Constant" , ils se connaissaient bien, ils se fréquentèrent et le 1er décembre 1894, vint au monde un petit Gaston Louis qu'ils légitimèrent lors de leur mariage le 18 septembre 1897. Il est alors "rattacheur" et elle "bambrocheuse" sans doute dans la même usine textile.

Le 31 mars 1899, Suzanne Eugénie (ma grand mère paternelle) montre le bout de son petit nez. Hélas, la pauvre petite ne connaitra pas sa maman, ou si peu, car prise d'un "chaud et froid"(pneumonie) comme on disait à l'époque, dans ces maisons mal chauffées, décèdera le 12 décembre 1901, elle n'avait que 27 ans, et Suzanne 2 ans et 9 mois.

marie-therese-ardies1-copie-1.jpg

Leur père ne tardera pas a se remarier, il faut une femme pour s'occuper des enfants, il épouse donc une gentille jeune femme Maria de RAEDT qui effectivement s'occupera bien d'elle, car elle s'en souvenait, bien qu' étant petite.

maria_de_raedt_et_suzanne_1902.jpg 

En 1903, Maria donne naissance a Robert, un enfant chétif qui mourra dans son jeune age, vite suivi par sa mère.

Gaston a 12 ans et suzanne 7ans environ, ils sont confiés a leurs grands parents André et Mathilde ARDIES.

Plus jamais on n'entendra parler de Auguste Macaire. Mathilde préfèrera dire aux enfants que leur père est mort. C'est d'ailleurs ce que déclarera Gaston lors de son recrutement en 1914. Les enfants sont bien élevés, et Suzanne ira même à l'école jusquà ses 18 ans et apprendra l'anglais.

La guerre éclate et Gaston doit partir, grand déchirement pur ces deux enfants très fusionnels, la mort prendra Gaston en septembre 1918, disparu a jamais sur le front, on ne retrouvera jamais son corps. Suzanne le chérira a jamais.

sorge_gaston_louis_6.jpg

   mplf-gaston-sorge-1918.JPG             

En 1959, alors que mon grand père vient de mourir, elle a besoin de "papiers administratifs" pour sa retraite, ne sachant pas où son père est décédé, on lui conseille de demander l'acte de naissance de celui-ci, où elle pourra lire son éventuelle date de décès. Sur cet acte de naissance il est effectivement mentionné qu'il est décédé en 1952 à Charleroi en belgique ! Il n'était donc pas mort comme l'avait dit sa grand mère. Il avait donc refait sa vie en Belgique.

naissance-1871-auguste-m-sorge-copie-1.JPG

L'acte de décès arrive, mais comme a cette époque sous la forme d'un formulaire manuscrit sans aucune mentions marginales, seulement le necessaire. L'affaire est classée.

En 1980, ma grand mère est décédée depuis 8 ans et ma tante décide de ranger ses papiers, puisqu'elle aussi est a la retraite, et retrouve l'acte de naissance en question , la curiosité aidant et sachant que je fais des recherches sur la famille, elle me donne l'acte et je m'empresse de demander l'acte de décès dans son intégralité et là ! grande surprise... l'acte de décès avait pour déclarant " Albert SORGE, 34 ans fils du décédé"... stupeur dans la famille, un frère, un oncle, un grand oncle dont nous n'avions jamais entendu parler nous arrivait comme ça sans s'annoncer.

dc-auguste-m-sorge-1952.JPG

Après d'autres recherches auprès du consulat de Belgique, il s'est avéré qu'Auguste avait la connaissance d'une veuve en belgique Rose Eugénie Marie Cécile GIOGANTI veuve de Jean Baptiste Gillain MILAIRE + le 10 juin 1914.

Albert Georges SORGE né à Charleroi le 2 aout 1917, était son fils naturel reconnu.

Ma grand mère qui toute sa vie a pleuré son frère adoré, son unique frère, avait un autre frère Albert, dont elle ignora l'existence et dont la connaissance j'en suis certaine aurait comblé ce manque affectif fraternel qui lui pesait tant.

D'autres recherches plus tard nous apprirent que Albert était mouleur habitait à Courcelles  et que le 13 janvier 1938, il avait opté pour la nationalité belge.

Nous n'avons jamais réussi a retrouver Albert, ni même savoir s'il avait une famille, des enfants.

 

Ce qui nous apprend que les "mentions marginales" ont une grande importance, et que si elles n'étaient pas oubliées par un employé pas très zélé, elles auraient pu changer l'existence de bien des gens.

Mais c'est la vie...

 

selma cayol 

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Published by Du vieux Cayol à la Pelisse noire... - dans challenge A - Z 2014
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commentaires

Benoit VILLECOURT 21/07/2014 13:06

Je trouve enfin un peu de temps pour lire les articles des autres participants au ChallengeAZ.
Bravo pour ce bel article, très bien écrit et qui tient en haleine jusqu'à la fin. Je te souhaite de pouvoir un jour tisser les liens avec les descendants de ce grand oncle inconnu.
Bonne continuation

Sylvaine 16/07/2014 14:51

Et voila une nouvelle preuve que la généalogie, c'est bien plus que de la paperasse ! Un grand merci pour cette belle, quoi que triste, histoire.

Cel 31/05/2014 13:50

Que c'est triste :( mais très bien écrit

M'zelle Tinou 31/05/2014 08:38

Petite nouvelle dans le challengeAZ 2014 et la blogosphère (en espérant que je ne serais pas hors sujet), il est vrai qu'à certains moments des mentions marginales qui n'ont pas été indiquées
auraient permis des rencontres qui n'ont pu se faire. C'est bien dommage. Bonne continuation.

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