Samedi 14 juin 6 14 /06 /Juin 00:00

Bien des fois, en parcourant les registres paroissiaux (ou autres d'ailleurs), je me suis posée la question de ces décès d'enfants ou de nourissons en très bas-âge chez des parents nourriciers. Force est de constater qu'a l'inhumation de ces "petits corps" , les parents n'étaient pour ainsi dire jamais présents.

Bien sur , il y avait ceux des Hopitaux des villes, comme l'Hôtel-Dieu à Marseille, qui confiaient les enfants trouvés ou abandonnés a des nourrices à la campagne, qui étaient rémunérées en conséquence.

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Nourrices emportant les enfants "assistés"


Mais les autres, ceux qui étaient qualifiés dans les familles " en nourrice a la campagne, car l'air des villes n'est pas bon pour les enfants", et dont on ne connaissait que les actes de baptème ou de naissance, et celui de leur mort, loin de leurs familles qui n'en étaient pas "à un enfant près" !

Seules les femmes du peuple gardaient leurs enfants à la maison, mais plus par faute de moyens que par instinct maternel.

Elisabeth Badinter,dans "L'amour en plus", cite " Qu'à Paris, le Lieutenant général de la police Lenoir, comptait qu'en 1780, sur 21.000 enfants naissant annuellement, moins de 1000 étaient nourris par leurs mères, 1000 allaités par une nourrice à domicile, les autres expédiés chez des nourrices à la campagne"-.

Depuis le 17e et surtout le 18e siècle, le modèle idéal féminin est loin de "s'épuiser dans la maternité", il tient celui-ci à distance respectable.Elles font donc appel a des "nourrices mercenaires", ou, pour les plus riches, des "nounous" à domicile.

crbst_nourrice.gif

La maternité est un devoir nécessaire pour la transmission du nom et des biens de l'époux, mais ce n'est pas suffisant pour définir une femme digne de ce nom. Les soins maternels étaient jugés incompatibles avec les devoirs de la femme et de l'épouse distinguée.

Les riches aristocrates furent les premières a pratiquer l'art de "vivre sans enfants".Dès le 13e siècle, elles refusent de donner le sein, jugé inconvenant, dégoutant, donnant là une image animalière de la femme "vache à lait".

Au 18e siècle, le phénomène s'étend dans toutes les couches de la société urbaine, des plus pauvres aux plus riches, dans les petites comme dans les grandes villes.

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La gardeuse d'enfants.

Dans ce siècle, la femme accomplie est, dans l'ordre, une épouse, une personne qui a des devoirs sociaux et...une mère dans le sens d'une "femme qui accouche". Le maternage est un obstacle aux deux premieres priorités

Les devoirs maternels sont réduits a peu de choses en vérité, s'occuper d'en enfant est peu valorisant pour la mère et ne donne guère de satisfaction.

Peu à peu, se débarrasser de son enfant devient une marque de distinction sociale, et ce jusqu'à la fin du 19e siècle. Les petites bourgeoises copient leurs "soeurs" plus favorisées.

A défaut de vie sociale brillante, elles pouvaient acquérir ce 1er degré d'élévation sociale.

Mieux valait ne rien faire du tout plutôt que paraitre occupée d'objets aussi insignifiants.

 

Pauvres petits, ils commencaient bien mal leurs petites vies.

 

 

selma cayol avec l'aide d'Elisabeth Badinter.

Par Du vieux Cayol à la Pelisse noire... - Publié dans : challenge A - Z 2014 - Communauté : généalogistes en tous genres
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